LES POINTS DE VUE EXPRIMÉS SONT CEUX DE LA DÉLÉGATION NATIONALE ET NE REFLÈTENT PAS LA POSITION DU GROUPE

« Adhésion de la Turquie d’Erdogan à l'Union européenne : c’est non !»

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Turkey

La délégation belge du PPE (CD&V, cdH et CSP) fait remarquer que la Turquie du Président Erdogan s'éloigne de plus en plus des valeurs fondamentales de l'Europe. Il faut lancer un signal fort à Erdogan qui continue de provoquer l'UE. Dès lors, il ne peut plus être question de négociations d'adhésion.

Pour Benoît Lutgen (cdH), chef de la délégation PPE belge, il est tout simplement devenu impossible que l’Union continue de prétendre que la Turquie d’Erdogan puisse devenir membre de l’Union européenne. Il précise que le régime d'Erdogan s'en prend à toutes les valeurs fondamentales de notre Union : absence de respect des droits de l'homme, répression brutale de l'opposition, négation des droits des femmes, etc. « Ankara reste et restera un partenaire économique aux portes de l'Europe. Mais en ce qui concerne ces négociations d'adhésion, il faut dire clairement et officiellement stop ! », explique Benoît Lutgen.

Tom Vandenkendelaere (CD&V) affirme que les relations de l'UE avec la Turquie sont au plus bas.  « Compte tenu de la situation et de l'évolution de plus en plus préoccupante de ce pays, l'adhésion à l'Union européenne est hors de question.  Avec le PPE, je demande la suspension formelle des négociations d'adhésion », dit-il.

Pascal Arimont (CSP) s'élève contre l'admission de la Turquie dans l'UE depuis des années. Selon lui, les violations continues des droits humains élémentaires par le gouvernement turc sont inacceptables et totalement incompatibles avec les valeurs de l'UE. L'indépendance de la presse et du pouvoir judiciaire n'étant plus garantie non plus, la poursuite des négociations d'adhésion serait donc un signal totalement erroné à l'égard d'Erdogan. En outre, il est « fermement convaincu que nous mettrons en péril le fonctionnement et l'idée originale de l'Europe si nous continuons à élargir indéfiniment l'Union européenne. C'est pourquoi l'adhésion de la Turquie à l'UE doit également être exclue par principe, car cela serait d'une dimension politiquement et économiquement insupportable pour l'Union. Nous devons donc la rejeter clairement », déclare Pascal Arimont.

Cindy Franssen (CD&V) regrette particulièrement le changement de cap du président Erdogan concernant les droits des femmes en Turquie. « La Turquie s'est retirée de la Convention d'Istanbul, le premier traité international contraignant contre la violence à l'égard des femmes. Il est inconcevable que la Turquie ne prenne pas au sérieux la lutte contre la violence à l'égard des femmes. Le manque de respect et les fréquentes violations des droits démocratiques, comme le récent Sofagate, exigent un message clair : ce pays n'a pas sa place dans l'Union européenne », conclut Cindy Franssen.

Contexte :

En 1964, la Turquie et la Communauté économique européenne (CEE) signent un accord d'association ou « accord d'Ankara » dont l’objectif est d’intégrer la Turquie dans une Union douanière avec la CEE tout en reconnaissant le but qu'est l'adhésion. En 1995, un accord sur une union douanière est établi entre l’Union européenne et Ankara (depuis lors, environ 40% de l’ensemble des exportations turques de marchandises prennent la direction de l’UE, tandis que les importations en provenance de l’UE représentent près d’un tiers de l’ensemble des importations turques). En 1999, le Conseil européen accorde à la Turquie le statut de « candidat à l'adhésion à l'UE ». En 2005, les négociations formelles débutent, la Turquie continuant toutefois de provoquer les États membres de l'UE - en particulier la Grèce et Chypre - et s’éloignant davantage du respect de l’état de droit, de la démocratie, des droits de l'homme et de la liberté de la presse. En 2018, le Conseil européen décide de geler les négociations d'adhésion.

Deux ans plus tard, en 2020, le Conseil européen décide de donner une nouvelle chance à la Turquie à condition que le Président Erdogan adopte une attitude moins agressive à l'égard de ses voisins européens notamment suite aux violations de l'espace aérien grec à plusieurs reprises et des forages d'essai illégaux dans la zone économique exclusive de Chypre.

En mars 2021, le Conseil décide finalement de s’engager de manière "progressive, proportionnée et réversible" avec les autorités turques. Le Conseil propose une reprise de la collaboration et un renforcement de la coopération pour autant que la désescalade actuelle se poursuive et que la Turquie fasse preuve d'une attitude constructive.

En juin 2021, un sommet de l'UE discutera du statut de la Turquie, y compris de la possibilité de sanctions contre une Turquie de plus en plus agressive. 

Notes aux éditeurs

Avec 178 députés issus de l'ensemble des Etats membres, le Groupe PPE est le groupe politique le plus important du Parlement européen

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